6ème journée professionnelle de rencontre et de réflexion

 

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6ème journée professionnelle

de rencontre et de réflexion

"Fou de basson".

 

Vendredi 22 avril 2016 – CRR de Paris (75)

Planning

 

Horaires

Programme

Intervenants

9h30 - 10h

Accueil des participants

Présentation de la journée professionnelle

Equipe "Fou de basson"

10h - 11h

Atelier :

La place de la musique du 20ème siècle pour les élèves de 1er et 2ème cycle :

élaboration d'un répertoire d’œuvres pour les examens.

 

11h - 12h

Table ronde :

Les méthodes de basson, quelle méthode pour quel élève ?

Pierre Cathelain

14h - 17h

Conférence / débat :

La posture du bassoniste

"Trouver un jeu juste dans une posture juste."

• Atelier : 

Un peu de pratique...

Valérie Lemaire

Pierre Cathelain

17h - 18h

Bilan de la journée professionnelle

Projets pour les prochaines journées professionnelles

Equipe "Fou de basson"

 

Concertation pédagogique :

- La place de la musique du 20ème siècle pour les élèves de 1er et 2ème cycle : vers l'élaboration d'un répertoire d’œuvres pour les examens.

 

- Les méthodes de basson, quelle méthode pour quel élève ?

 

Conférences :

- La posture du bassoniste : "Trouver un jeu juste dans une posture juste."

 

Atelier :

- "La posture, la respiration, la concentration : un peu de pratique..."

Intervenants :

 

Valérie Lemaire, professeur de hatha-yoga et thérapeute en ayurveda.

Pierre Cathelain, professeur à l'ENM de Villeurbanne(69) et Bourgoin-Jallieux(38).

 

Participants :

Professionnels :

Pierre Cathelain (Villeurbanne)

Cécile Jolin (Poitiers)

Anabelle Mineo (Caluire, Miribel, Saint Priest)

Ciporra Lenglet (Sarcelles)

Aurélien Utz (Ivry-sur-Seine, Nanterre, Saint Germain en Laye)

Amélie Boulas (Cours particuliers sur Paris)

Frédérique Gillet (Montpellier)

Christophe Tessier (Beauvais, Corbeil-Essonnes)

Frédéric Bouteille

(…)

 

Amateurs membres du CA

Jean Broyer

Catherine Jambon


La place de la musique du 20ème siècle pour les élèves de 1er et 2ème cycle :

vers l'élaboration d'un répertoire d’œuvres pour les examens.

 

Il est ressorti de cet atelier une grande difficulté à élaborer un répertoire d’œuvres d’écriture contemporaine pour les fins de 1er et 2ème cycle. Peu de pièces sont composées pour ces niveaux !

 

Répertoire contemporain de cycle 1

 

Basson seul / Basson et piano

Compositeur

Titre

Editeur

Commentaires

Remarques :

tonalités, ambitus...

Piotr Moss

Petites histoires

Max Eschig

 

 

Philippe Hurel

Musica 2

Billaudot

Partition pour basson et piano

 

Henri Pousseur

 

 

 

 

 

Panorama Basson

Billaudot

Recueil de 5 pièces

3 volumes

 

 

Autres pistes :

Inventions de pièces avec quelques multiphoniques, slap...

Partir d'effets (souffle, bruits d'anches...) pour raconter une histoire.

Ex : Au bord de la mer...

 

 

Répertoire contemporain de cycle 2

 

Basson seul / Basson et piano / Deux bassons

Compositeur

Titre

Editeur

Commentaires

Remarques :

tonalités, ambitus...

Eric Valdenaire

Les 4 saisons

 

Compositions sur des haïkus

 

Tristan Murail

Transsahara express

Rideau rouge

Pièce pour basson et clavier

 

Alexandre Ouzounoff

Sofia,92

Sallabert

Pièce pour 2 bassons

 

Alain Mabit

Surexposition

Billaudot

Basson seul

 

 

Autres pistes :

Faire écrire les élèves

Faire des commandes auprès des compositeurs.

Faire un échange avec les classes d'écriture


 

Les méthodes de basson, quelle méthode pour quel élève ?

 

Auteur d’un mémoire "L'enseignement du basson : quelles méthodes pour quel type d'apprentissage" réalisé dans le cadre de l'obtention de son Certificat d'Aptitude, Pierre Cathelain a évoqué ses travaux de recherche pour aborder les points suivants :

- Y a-t-il des avantages et des inconvénients à utiliser une méthode plutôt qu'une autre ?

- Quel type d'apprentissage proposent réellement les différentes méthodes ?

Il s'est appuyé sur son expérience professionnelle pour évoquer comment il travaille avec ses élèves et comment il s'adapte à ses élèves aujourd'hui.

Dans un deuxième temps, un échange s'est établi entre tous les participants et chacun a pu partager son expérience, ses interrogations… A l'issue de cette table ronde, les participants ont répertorié différentes méthodes.

 

1. Quelle méthode choisir ?

Il faut trouver la méthode qui convient le mieux à l'élève (Débutant, adulte...)

Il est important de regarder comment les méthodes résolvent les difficultés pour apprendre l'instrument.

On peut aussi prendre en compte les nouvelles technologies : il existe encore peu de méthodes avec CD alors que les élèves sont demandeurs.

 

Qu'est-ce qu'une méthode ?

Etymologiquement, c'est la recherche d'une voie, d'un chemin.

Une méthode est un manuel qui permet de régler des problèmes particuliers lié à l'apprentissage d'un instrument.

 

Historique

Avant l'imprimerie, il n'y avait pas de méthode. C'est le maître qui transmettait. Cette transmission maître/disciple se retrouve dans, le jazz, la musique orientale, mais aussi dans certains arts orientaux comme le zen et le tir à l’arc...

Au Moyen-âge, la musique est essentiellement vocale et les instruments sont là pour accompagner.

Puis la technique évolue et on commence à voir les premières indications. Par exemple : "Doigts pas trop écartés".

Il y a avait déjà des partisans de la technique ou non.

De nombreuses œuvres étaient à usage pédagogiques au départ. Chez Bach, Chopin, Debussy.

 

Le choix de la méthode

Il est difficile de démarrer sans support.

Le choix est déterminant pour la suite. Selon le choix, la méthode va :

- permettre l'appropriation du savoir par l'élève

- entretenir la passivité

Dans la plupart des méthodes, on commence par fa,mi,ré,do ou inversement.

Les morceaux viennent après.

Il serait préférable de faire l'inverse : partir du morceau et écrire l'exercice qui permet de résoudre la difficulté après.

Ex : Au Clair de la lune

 

Comment sont organisées les méthodes ?

Les apprentissages sont regroupés par objectifs.

Taxonomie : outil pour classer les objectifs.

On peut aussi y trouver :

- des savoirs-faire : montage, ...

- des savoirs savants : notes, rythmes

Une méthode reste incomplète. Il faut y ajouter d'autres choses. D'où l'importance du professeur.

 

2. Quelques exemples

Pour débuter, on peut utiliser une méthode telle "Learn as you play bassoon" ou la méthode d'Hara

Avec des petits on peut partir d'une chanson et on invente les exercices pour arriver à bien jouer son morceau.

Les études et gammes sont importantes mais on peut les utiliser plus tard. Les élèves ont alors une autre motivation…

 

Proposition à laquelle Fou de Basson avait réfléchi : Réaliser une méthode collaborative.

L’idée est de mettre sur un site tout ce que les profs peuvent écrire (ou les élèves), avec une base d'apprentissage.

Chaque élève ayant une progression différente, cette méthode permettrait une adaptation plus fine.

On pourrait aussi mettre à disposition de chacun les accompagnements en fichier midi.

Problématiques : licences.

Logiciel utilisé : Musescore

 

3. Quelques méthodes utilisées

 

Laszlo Hara : Fagottschule (en deux volumes).

Méthode assez difficile avec les jeunes élèves

Peter Wastall : Learn as you play bassoon

Jane Sebba : Abracadabra bassoon

Méthode progressive mais on est dès le début "dans la musique".

Jean Hornecker : Le Tout-petit-Bassonissimo et Bassonissimo

Recueil pour basson et piano avec CD

C’est plus un recueil de différents morceaux qu’une méthode.

Eugène Bourdeau : Grande méthode complète de basson

Julius Weissenborn : Fagott schule.

Méthode bien construite qui démarre sur le centre de la tessiture et qui permet de "construire le son". Pas bien adaptée aux petits.

Ricardo Rapoport : Tablature complète pour basson et contrebasson (système Heckel)

Fabien Boichard : L'apprenti bassoniste en deux volumes (avec les doigtés).

Jean Beauregard : Méthode de basson (Peut-être n'est-elle plus éditée ?)

William Eisenhower : Learn to play the bassoon

Eugène Jancourt : Méthode théorique et pratique pour le basson, op 15

Anthony Payne : ?

 

Il est important aussi de faire d'autres choses en cours : des gammes, des duos, des études (par exemple Milde à partir de la 3ème année)...

On peut aussi créer une méthode personnelle.

On peut partir de musiques de film (si c'est trop difficile, on garde l'objectif pour plus tard),

ou écrire des inventions.

Il est possible d'utiliser d'autres supports :

- Sarah Watts : Razzama jazz bassoon (partition et CD)

- Alain Deleurence : Jeux de basson (CD)

Pour les petits débutants, il existe des fiches à télécharger sur un site à partir de chansons françaises (une note par fiche) avec des petits morceaux courts.

Il y a des limites à jouer toujours avec un CD. On peut aussi enregistrer le morceau avec le portable, l'enregistrer avec piano pour que l'élève ait un modèle (sur CD) ou créer un accompagnement (Logiciel "Band in a box").


 

La posture du bassoniste :

trouver un jeu juste dans une posture juste.

 

Au cours de sa conférence, Valérie Lemaire, professeur de hatha-yoga et thérapeute en ayurveda, a présenté les trois dimensions présentes chez l'être humain et l'importance d'en avoir conscience.

Sa conférence a été suivie par un atelier pratique autour de la posture, de la respiration et de la concentration.

 

Généralités

Trois dimensions sont à l'oeuvre en permanence chez l'être humain : le corps physique, le souffle (corps énergétique) et l'état intérieur (corps mental, c'est à dire les pensées, les émotions).

Ces trois dimensions interagissent et on peut trouver de nombreux exemples :

une mauvaise posture peut bloquer le souffle, de mauvais mouvements répétés peuvent créer des crispations musculaires qui engendrent des raideurs physiques qui se répercutent sur le mental (on est "sur ses gardes")...

Le souffle fait le lien entre le corps physique et le corps mental. Il a un rôle purement physique (action des poumons, du diaphragme) et un rôle sur le système nerveux auquel il est relié donc sur le mental.

Quand on joue, on doit avoir conscience de ces trois dimensions simultanément.

 

La posture

La verticalité est importante pour le souffle, le système nerveux, l'énergie.

Il faut avoir une bonne posture assise.

L'équilibre droite/gauche est aussi important.

 

Le souffle

Il est important de bien expirer.

Lors de l'inspiration, il y a une dilatation dans les 6 dimensions.

La respiration ventrale est particulièrement importante.

La respiration doit être fluide et homogène.

 

Le "placer" mental

Toute compétition et plus généralement toute recherche intensive d'objectifs génère des tensions. Il faut ramener l'attention sur ce qui est en train de se produire et se retirer des enjeux.


 

Quelques exercices de yoga...

 

1. Postures

Pour avoir la meilleure assise possible sur une chaise :

Les deux pieds bien à plat au sol, les deux genoux à l’écart du bassin, rouler sur les ischions pour se retrouver assis devant, le périnée au maximum en contact avec la chaise. Décambrer en envoyant le coccyx vers l’avant (réduction du creux lombaire). Dégager le sternum vers l’avant et les épaules vers l’arrière. Rentrer légèrement le menton dans la gorge pour aligner les cervicales.

Pour dégager la poitrine et ouvrir les épaules :

Debout, éventuellement genoux légèrement fléchis pour éviter de cambrer, croiser les doigts dans le dos et tendre les bras. Respirer principalement par la poitrine. Attention à ne pas casser les cervicales vers l’avant (bien presser le menton dans la gorge). Inverser le croisement des doigts et recommencer.


Debout, au mur, pieds légèrement décollés du mur et genoux un peu fléchis. Plaquer tout le dos et l’arrière de la tête contre le mur (pas de creux, ou le moins possible, au niveau des lombaires et des cervicales). Dans une inspiration, monter les deux bras à l’horizontale en les étirant en direction des deux côtés opposés (les deux bras ne doivent pas se décoller du mur). Placer quelques respirations dans cette posture. Puis dans une inspiration, monter un peu plus les bras, toujours sans les décoller, et en tirant à la fois vers le haut, et vers la gauche avec le bras gauche, vers la droite avec le bras droit. Rester encore quelques respirations. Recommencer (toujours monter dans une inspiration) de la même façon, jusqu’à ce que l’appui complet au mur soit perdu. Lorsque c’est le cas, redescendre dans une expiration.


Debout, pieds écartés à la largeur du bassin, éventuellement genoux légèrement fléchis pour ne pas cambrer, monter les bras à l’horizontale dans une inspiration, et placer les paumes face au plafond. Rester quelques respirations dans cette posture. Puis dans une inspiration, envoyer les deux bras bien tendus vers l’arrière, en laissant les omoplates se rapprocher l’une de l’autre. Rester quelques respirations, le temps que le corps se détende. Puis continuer : dans une inspiration, envoyer les deux bras tendus encore plus vers l’arrière, et placer plusieurs respirations. Quand on est à son maximum, revenir dans une expiration.



2. Souffle

Toutes les respirations se font par le nez, bouche fermée !


Pour calmer le mental : respiration Ujjay (la « respiration victorieuse »)

Première étape : dans une posture assise bien droite (colonne en fil à plomb), presser assez fortement le menton dans la gorge pour réduire le diamètre de la trachée. Un son assez étouffé se produit lors de la respiration. Se concentrer sur ce son, qui doit être bien homogène du début à la fin de l’inspiration et du début à la fin de l’expiration (avec un début et une fin d’inspir et d’expir bien nets). La qualité d’homogénéité du son indique la qualité de la respiration Ujjay.

Deuxième étape : placer une respiration yogique complète (on inspire du bas vers le haut, en laissant d’abord le ventre se dilater légèrement par pression du diaphragme vers le bas, puis on remplit le milieu des poumons, puis le haut des poumons, jusque sous les clavicules ; puis on expire en vidant dans l’ordre inverse).

Troisième étape : ajouter l’équilibre inspirations-expirations (on compte le nombre de secondes que l’on met à expirer, et on inspire le même temps). A pratiquer au moins 5 minutes, sinon beaucoup plus !
On peut faire la même technique en « respiration carrée » (exemple : 5 secondes d’inspiration, 5 secondes de rétention à poumons pleins, 5 secondes d’expiration, 5 secondes de rétention à poumons vides). Excellent pour la concentration !



Pour augmenter la capacité respiratoire (et ralentir le flux des pensées) :


Respiration kapalbati (« crâne vide ») :
En posture assise, colonne très droite, contracter le périnée et le rétracter vers le haut (mulabandha), et maintenir cette contraction pendant toute la durée de l’exercice. Puis se concentrer sur les expirations : on expire volontairement en plaquant le plus possible la partie du ventre comprise entre le périnée et le nombril sur la colonne, vers l’arrière. L’inspiration se fait par mouvement réflexe, de manière involontaire, et le ventre doit toujours rester très détendu. Le haut du buste ne bouge pas. Commencer très doucement, pour que les mouvements soient corrects. Après, on peut gagner en vitesse et en puissance (rythme normal, après beaucoup d’entraînement : 100 à 120 expulsions/minute). 



Respiration bhastrika (« soufflet du forgeron ») :
En posture assise, colonne très droite, contracter et rétracter le périnée vers le haut (mulabandha) et maintenir cette contraction pendant toute la durée de l’exercice. Puis se concentrer sur les inspirations. Inspirer en sentant l’air au niveau du nez, et expirer la même durée (toujours en sentant le passage de l’air dans le nez). La respiration se fait essentiellement au niveau thoracique, sur l’avant, l’arrière, et les deux côtés (si possible aussi vers le haut et vers le bas). Commencer également très lentement, puis au bout de 2 à 3 minutes, gagner vitesse et en puissance (rythme normal, quand on est bien entraîné : 60 à 80 respirations/minute ; c’est beaucoup plus lent que kapalbati).




3. Mental

Exercice pour améliorer la concentration : shambhawi mudra


En posture assise très droite, sans lever la tête, faire converger le regard sur le point situé entre les deux sourcils. Un V sombre apparaît (= la ligne des sourcils). Fixer la pointe du V en essayant de ne pas ciller et en gardant une stabilité totale. Au bout de quelques minutes, fermer les yeux pour les reposer. Ce mudra est encore plus efficace quand on place mulabandha (la contraction du périnée).

Et sinon : placer toute son attention sur chaque instant de la respiration, et/ou sur les sensations intérieures.

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